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Vie de la paroisse / 857 - du 14 octobre au 22 octobre 2017

Sorti de prison

Après seize années de présence au sein de l’aumônerie de la maison d’arrêt de la Seine-Saint-Denis, le temps est arrivé, où il me faut passer la main à d’autres.
La joie a été grande pour moi, d’avoir été porteur de la paix du Christ-Jésus, à ceux qui vivent l’enfermement de la prison. Je peux dire, comme me l’a fait découvrir mon directeur spirituel, que pendant toutes ces années, une "transfusion" s’est opérée à chaque fois, que je rencontrais les détenus. Je leur apportais la paix et la joie du Christ-Jésus ; en échange, j’apaisais et prenais même leurs souffrances, c’est à dire que c’est bien Jésus, qui à travers ma présence prenait sur lui toutes leurs épreuves, à travers l’écoute et ma disponibilité envers eux.
Mais quel bonheur surtout pour eux et pour moi, de leur dire à de nombreuses reprises au nom du Seigneur, que malgré ce qu’ils avaient fait, Dieu voulait par dessus tout leur pardonner, que Dieu croyait, et espérait en eux, qu’il envisageait quelque chose pour leurs vies, et qu’il les voulait debout....
Cette expérience enrichissante, m’a fait découvrir que pour Dieu, l’homme ne sera jamais réduit à son acte, aussi grave et cruel soit-il !
J’ai été heureux d’avoir essayé d’être un humble signe d’espérance dans cet univers, qui n’en a souvent plus, d’avoir essayé d’être la visibilité du Dieu d’amour, et de miséricorde pour tous.
Cette expérience en milieu carcéral, m’a fait comprendre que, quel que soit le domaine, et les actions que nous allons poser dans notre vie, nous aurons à "être semeurs de Dieu", et que nous serons toujours d’une manière ou d’une autre, avec des personnes qui nous ressemblent, et qui ont tout autant que nous besoin de Dieu.
Oui, les détenus me ressemblaient, et je leur ressemblais. Il n’y avait pas de différence entre eux et moi, nous étions semblables les uns devant les autres, et devant Dieu notre Père.
Pour moi c’est clair, il s’agit de laisser Dieu se donner aux autres, en nous donnant nous mêmes.
Comme Ste Thérèse de l’enfant-Jésus, (dont l’église a fait mémoire le 1er octobre), l’avait bien compris quand elle disait "qu’aimer c’est tout donner, et se donner soi-même".                           

+ Francisco PETITE



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